Faisant partie des fous qui pensent que la "menace zombis" est une menace réelle, je me propose de diffuser les divers méthodes et moyens à notre disposition pour survivre à ce phénomène. Ce
blog, qui reprend et complète des travaux déjà existant, est dédié de façon unilatérale à un type de menace très particulier. Il sera donc ici avant tout question de cryptozoologie ainsi que de
techniques de survie et de combat. Evidemment, il est certain que nombres de ces éléments pourront s'avérer utiles en cas d'autres modalité de fin du monde.
Surtout n'oubliez jamais que nul n'est assez préparé.
Notre premier post aura surtout pour but d’inviter les lecteurs à une prise d’information réelle sur le
phénomène "zombis". Le propre de ce phénomène est d’avoir depuis quelques années maintenant pris des formes aussi diverses que celle de la culture. Films, romans, bandes dessinées, jeux, etc.,
sont désormais légions en ce domaine. Certes nous tâcherons de voir plus tard à quel type d’information il nous faut préférablement nous fier, parmi ces œuvres variées et contradictoires, mais ne
sachant pas ce qui est connu et/ou ignoré de notre public, il est important de commencer par partager toutes ses sources et de se forger une culture commune.
Bien évidemment, certains nous opposerons qu’il ne s’agit pas là "de sources", mais simplement de "fictions",
c’est-à-dire de purs produits de l’imagination, habituellement si fertiles en non-sens. Si j’admets sans mal que l’imagination est une faculté trompeuse, parfois en cheville avec le mensonge et
les plaisirs vulgaires, je reconnais toutefois avec tous les grands épistémologues que l’imagination est le premier moteur des sciences. Les expériences imaginaires sont nécessaires au
développement du savoir. Au pire, certains verront que, par le truchement de ces "moyens", apparaît au moins une certaine symbolique du mort-vivant qui reste utile pour notre pensée. En effet,
celle-ci objectivise certains de nos contenus de pensée, nous permettant alors de contempler de façon spectaculaire nos conceptions les plus abstraites sur nous-mêmes, la mort, la vie ou encore
le sens de notre existence. Après tout, Alain ne dit-il pas que "la mort est une maladie de l'imagination" ?
Nous tâcherons de voir ces sources selon quatre catégories de production culturelle:
Audiovisuelle, Romanesque, Ludique, Folklorique.
PS: Tous les lecteurs éventuels sont invités à partager leurs sources glanées au fil de leur histoire personnelle à travers leurs
commentaires. Merci à eux, merci à vous.
Le zombi est un monstre de cinéma. J’entends cela en plusieurs sens évidemment. Tout d’abord, le zombi a trouvé sa détermination et ses formes les plus abouties sur pellicule, les romans et
nouvelles n’ayant fait que suivre son évolution cinématographique. Ensuite, il est un genre à lui tout seul. Ainsi, il est à côté des vampires, loups-garous et autres créatures de Frankenstein,
un sous genre du cinéma d’horreur, avec ses codes et ses canons, qui fut très abondamment exploité à la suite du succès de La Nuitdes morts vivants, de G.A. Romero, et qui revit aujourd’hui depuis le succès du remake de Dawn of the dead.
Un tel phénomène demande de faire son histoire ou au moins de remonter à sa racine. Je pense que tout commence réellement avec Romero. « Pourquoi ? » me demanderez-vous, la
raison en est on ne peut plus simple : avant La Nuitdes morts vivants, tous les films que nous pouvons lier au phénomène « zombi » ne peuvent qu’imparfaitement
incarner ce genre et cette menace. Deux défauts majeurs y prédominent :
Premièrement, il y est toujours question de « zombis » liés au folklore vaudou. Ces derniers sont alors au service d’un prêtre ou d’un magicien, c’est-à-dire qu’ils ne sont qu’un
instrument (un moyen) n’ayant pas de fin déterminée par nature. Ainsi, comme dans White Zombie (Les Morts vivants de Victor Halperin) où Bela Lugosi dirige une armée de
ressuscités pour faire sa basse besogne, ou encore dans Plan 9 from outerspace de Ed Wood où une mini armée de mort est cette fois-ci dirigée par des extraterrestres (??!!), nous
voyons que la présence des morts n’est pas une fin mais un signe qui invite à son propre dépassement vers une cause cachée. Le fil de l’intrigue est donc donné (où est la cause car il y a une
cause déterminée), et une solution est toujours à portée de main (il suffit d’interférer avec cette cause efficiente).
Deuxièmement, l’invasion est toujours limitée dans le temps et dans l’espace. Il n’y est jamais réellement question d’une pandémie, voire même d’une contagion, qui pourrait se répandre et devenir
incontrôlable (présageant la fin du monde). En règle générale, il n’y est question que de pouvoir et de puissance, c’est-à-dire de domination. Cela signifie la chose suivante : dans cette
« préhistoire » du genre (pour reprendre les termes de la chronologie proposée sur le site du film L’Armée des morts) le
monde ne court nullement à sa perte, bien au contraire, ce sont toujours les mêmes règles qui y prédominent la question est seulement de savoir qui sera maître et qui sera esclave.
On retrouve donc ici, toute l’éthique et la racine du vaudou qui, comme superstition et folklore, proposa à une population maintenue alors dans l’esclavage, une prise de pouvoir d’un genre non
terrestre. Loin d’une rébellion politique le vaudou postule des puissances magiques et mystiques qui peuvent être au service des opprimés ou, au moins, d’une partie d’entre eux (les sorciers). Il
y a donc un transfert de pouvoir : une peur métaphysique vient remplacer la peur bien réelle de la domination politique et sociale. Le politique est remis à sa place, il n’est qu’une partie
infime de notre vie et c’est le métaphysique qui doit déterminer ce qui est. Cela suppose réciproquement, une fascination et une inquiétude de la part des maîtres qui voient leur pouvoir remis en
cause (ils n’ont plus la peur pour eux). En cela, le vaudou a toujours attiré et repoussé, étant alors au centre de nombres de fictions tant il est la représentation d’une limite du pouvoir
humain.
Le zombi est le signe « vivant » que des pouvoirs non terrestres existent et dépassent la simple domination politique. Qui les maîtrise, maîtrise le monde ! Et, l’essentiel est
là : il y a une maîtrise possible.
La révolution opérée par Romero est en cela double (nous ne nous intéresserons pas aux questions formelles et cinématographiques, mais toujours au problème essentiel du
zombi) :
Premièrement, il n’y a pas de cause identifiable. Le propre de La Nuitdes morts vivants, est de refuser catégoriquement la détermination d’une cause précise à la contagion.
Certes, une cause est « évoquée » (celle des radiations), mais elle reste fondamentalement hypothétique (et ne sera d’ailleurs jamais réutilisée dans les films suivants). L’absence de
causalité déterminée est essentielle : s’il n’existe pas d’explication, il n’existe pas de maîtrise possible du phénomène. Tout ce que les humains peuvent faire, c’est tenter d’endiguer ou
de limiter le phénomène, mais aucune solution définitive ne peut être apportée. L’indétermination provoque la supputation infinie, mais aussi la superstition la plus basse et surtout
l’angoisse complète. Il n’y a plus d’avenir certain, ou de quiétude possible (repos) l’esprit est condamné à une recherche sans fin possible. Mais, si notre savoir n’a plus de fin (pas de
cause déterminable par l’esprit), il est important de voir qu’il n’a plus de sens (penser est inutile et vain). En conséquence, l’humain est condamné à une action hasardeuse, une errance
pratique, qui implique toujours une part d’échec et donc une condamnation.
Deuxièmement, il y a pandémie. Le propre de l’univers de Romero est d’être celui de la délocalisation : il n’y a plus de lieu déterminé où la cause agit, mais seulement une « zone
contaminée » (sans limite et sans identification possible) où un phénomène sans cause se repend. Ainsi, dans La Nuitdes morts vivants la maison refuge est immédiatement
identifiée comme le symbole de toute la société humaine qui vient d’éclater en microcosmes défensifs. Immédiatement, l’isolement et la séquestration des protagonistes sont universalisés. Ainsi,
un certain relent de décrépitude et d’apocalypse règne dans ce petit monde. D’ailleurs, chacun venant d’un endroit indéterminé de cette « zone » témoigne des mêmes faits et mêmes
atrocités. Une telle idée impose tout de suite un point déterminant : les protagonistes ne savent pas où aller et ce qu’il faut attendre. Ne sachant pas où commence et où finit le danger
(temps et lieu), toute action est donc immédiatement désarmée (pourquoi agir ? pourquoi ne pas attendre ? où aller ? pour y trouver quoi ? qui croire ? les autorités
sont-elles compétentes ? qui est « contaminé » ? etc.) laissant place à des choix toujours arbitraires et donc personnels.
Nous avons là la cause d’une angoisse certaine qui fait le propre du film de zombi : l’indétermination. Ainsi, le propre du cinéma de Romero est de présenter un monde où toutes les questions
restent sans réponse aucune, et où les certitudes sont nécessairement vacillantes. Les protagonistes sont jetés d’un monde organisé et prévisible à une sphère complètement imprévisible, celle de
la vie et du risque.
A voir : le cycle complet des œuvres de Romero
- La Nuit des morts vivants (1968) [Night of the living dead]
A voir aussi dans le style romerien, le remake de La Nuitdes morts vivants de Tom Savini (1990) qui synthétise assez bien les trois
premiers volets.
A voir enfin à titre de « préhistoire » :
Les morts vivants de Victor Halperin (1932)
Vaudou de Jacques Tourneur (1943)
Zombies on Broadway de Gordon Douglas (1944)
Zombies of Mora Tau d’Edward L. Cahn (1957)
Plan 9 from outer spaced’Ed Wood (1959)
Invasion of the zombiesde Benito Alazraki (1961)
The dead onede Barry mahon(1961)
Carnival of soulsde Herk Harvey (1962)
I eat your skinde Del Tenney(1964)
The incredibly strange creatures who stopped living and became crazy mixed-up zombiesde Ray Dennis Steckler (1964)
Invasion des morts-vivants de John Gilling (1966)
Astro zombies de Ted V. Mikels (1969)
Sugar hillde Paul Maslansky (1974)
PS : La question de distinguer zombis, spectres, vampires, momie et autre golem n’est pas encore de mise, mais vous verrez déjà que ce type de film n’est pas sélectionné. Tous les films de
revenants ne sont pas des films de zombi, je n’ai gardé ici que ce qui est le plus proche de monstre écervelé.
PPS : Tout ce qui est dit de G.A. Romero est aussi valide pour son fidèle acolyte John A. Russo.